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LE SOIR MAGAZINE - "Avoir bonne mine, un art subtil"

Avoir bonne mine, un art subtil

le soir magazine "LES GENS VEULENT UN TEINT LUMINEUX, DÉFATIGUÉ "
Nadine Salembier est présidente de l'Union nationale des esthéticiennes de Belgique (UNEB) depuis 1985 et présidente de la Fédération internationale de l'esthétique-cosmétique depuis 1988. Elle travaille depuis 1961, possède sa propre marque, gère deux instituts de beauté en Belgique, l'un à Bruxelles, l'autre à Comines, et se développe à l'international. C'est dire si elle se sent autorisée à brosser ce que fut l'évolution de son secteur de prédilection. «Une grande évolution, enchaîne-t-elle du haut de son demi-siècle d'activité. Ces dernières années, on a vu apparaître des techniques d'antistress, bien nécessaires en ces temps incertains, de bien-être qui se traduisent par du drainage, de l'hydromassage, modelage corporel, enveloppements, aquatonic, une esthétique centrée sur le plaisir et la détente. Les gens veulent un teint lumineux, défatigué, un corps relaxé. Ils ne viennent plus chez nous pour un maquillage même élaboré, sauf pour de grands événements, comme un mariage par exemple." Tous ces soins se payent cash: 135 euros pour deux heures et demi de soins "Évasion" (car les termes sont toujours engageants...), 60 euros pour un massage antistress, le grand ennemi d'aujourd'hui. La petite entreprise "Beauté & Vie" de Nadine Salembier ne connaît pas la crise. Elle déménage d'ailleurs bientôt du goulet Louise au boulevard de Waterloo, plus chic, du bon côté du trottoir. Elle emploie 12 personnes. Mieux, Nadine Salembier aurait même comme cliente... la princesse Mathilde , privilège qu'elle refuse de confirmer par souci de discrétion bien compréhensible. Elle développe des franchises, en Asie, en Afrique, au Canada, qu'elle confie à son fils, Luc Deweer.

SOIGNER LE MORAL EN PRISON OU A L'HÔPITAL
Cette pro de chez pro note aussi une modification profonde: «Les hommes fréquentent de plus en plus nos instituts. Ils ont pris conscience de l'importance d'avoir de belles mains, une peau saine, un air reposé.» Qu'on n'en conclue pas hâtivement à un excès de légèreté. À la tête de sa fédération, Nadine Salembier s'est battue pour assainir la profession. «On ne peut plus pratiquer sans diplôme. On a relevé les niveaux de formation. Elles font des études. Le temps où une esthéticienne improvisée vendait n'importe quoi est révolu! Plus question de donner de mauvais conseils à des client(e)s crédules, qui les rapportaient à leur médecin effaré! Tant mieux!» Les esthéticiennes ont dû composer avec l'émergence du collagène et du botox. Mais elles gardent un avantage: «celui de veiller à une peau souple, bien nettoyée et suffisamment hydratée, répète à l'envi Mme Salembier. Discours corporate ou pas, celle-ci est bien placée pour vanter les bienfaits de ce qu'elle préconise. Et comme cette femme distinguée a du coeur, elle prolonge son action dans les prisons pour femmes (où elle s'est rendue avec la reine Paola), dans les hôpitaux et dans les maisons de retraite, le tout bénévolement. À côté du jeu du paraître et du naturel, elle se dévoue pour celles qui n'ont pas trop bonne mine mais qu'elle revitalise avec ses moyens, quelques applications, un soin, un nettoyage cutané, une épilation, qui boostent le moral. «Quand on leur offre un petit traitement, on voit un grand sourire se dessiner sur leurs traits. C'est une façon de les préparer à la sortie, de cellule ou de leur chambre de malade. Et cela, c'est un vrai bonheur!

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